Et Mark dit : "Les amis, les news et les marques vivront désormais séparés."

Pour éliminer les Fake News, Facebook va donc éliminer les actualités du fil d’actualité…

Chérie, j’ai rétréci les News et les marques

La décision prise par Mark Zuckerberg le 11 janvier est à la fois un retour aux sources de Facebook, un long murmure de la data aux oreilles des responsables produits de Facebook mais également un gigantesque bottage en touche sur la question des Fake News.

Certains commentateurs n’ont pas tardé à souligner la facilité d’une telle décision face aux investigations du congrès sur le rôle de Facebook dans la dissémination de fake news mais aussi l’opportunité d’un tel changement alors que Facebook tente désespérément d’ouvrir la Chine…

C’est enfin une alerte grave pour les médias distribués et les machines à click bait qui ne s’étaient pas engagées assez tôt dans une diversification et un arbitrage massif des sources d’audience.

C’est enfin un arrêt de mort pour les magazines Facebook only, ceux qui avaient décidé, parfois avec succès, de faire de Facebook leur seul source d’audience.

La leçon principale : Le trafic n’est pas l’audience

Déjà depuis février 2017 selon Parse.ly, de nombreux médias avaient vu leur trafic issu de Facebook diminuer de 25%.

Cette décision dont l’impact sera sévère, va aussi gravement affecter les médias d’informations et les médias grand publics déjà habitués à acheter un trafic important mais très infidèle sur Facebook.

Au final, la dure leçon de l’aventure Facebook pour beaucoup d’éditeurs est que le trafic n’est pas l’audience comme l’a fait remarquer Casey Newton de The Verge

So many publishers think they have audiences, when what they really have is traffic.

I think we’re about to find out who has an audience

— Casey Newton (@CaseyNewton) 12 janvier 2018

Pour les marques, qui subissent depuis plusieurs années la dé-priorisation des post organiques, le changement d’onglet se traduira inévitablement par des factures plus lourdes sur la publicité sponsorisée. Un syndrome de Stockholm malheureusement courant avec les grandes plateformes…

Dé-priorisez, dé-priorisez il en restera toujours quelque chose

Mais si Mark Zuckerberg a rétréci les marques et les news, plusieurs questions sans réponses demeurent quand au rôle de Facebook :

1- Qu’est ce que les fameuses “meaningful interactions” que Mark Zuckerberg évoque dans son poste ? En quoi un post saturé de commentaires (souvent une naissance) est plus important qu’une nouvelle grave, un éclairage du monde ou un éditorial pertinent.

2- La data doit t-elle être -toujours et dans tous les cas- l’arbitre de ce que 2 milliards de personnes voient ?

3- La dé-priorisation des news résout-elle magiquement le rôle de Facebook comme faiseur de rois et faiseur d’opinions ?

En se débarrassant des news et des marques Marz Zuckerberg ne se débarrasse donc pas de son casse-tête. Au final le paradoxe de Facebook demeure…Même si Facebook ne veut pas décider de ce que les gens voient. Il détermine ce que voient 2 milliards de personnes.

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